Monogaga/2e édition du Festival Kékako: Le peuple Wané mobilisé autour de la préservation de son identité
Organisée cette année du 7 au 9 août à Monogaga, la deuxième édition du festival Kékako s’est tenue avec une conviction forte : préserver le patrimoine culturel Wané. C'était autour du thème « Cohésion et union : bâtissons ensemble notre avenir ». L’événement a réuni les filles et fils Wané, les autorités coutumières, les jeunes, les femmes et plusieurs personnalités, dont le sénateur Bouéka Nabo Clément, président du Conseil régional de San Pedro.Au-delà de son caractère festif, Kékako s’affirme ainsi comme un véritable instrument de sauvegarde et de valorisation de l’identité Wané. Dans son discours d’ouverture, la commissaire générale du festival, Gnadji Marina Nathalie épouse Nomel, a placé la manifestation dans une perspective de transmission, de mémoire et de cohésion communautaire.Selon elle, l’histoire du peuple Wané est intimement liée à la terre qu’il occupe depuis plusieurs siècles. Le nom même de ce peuple, expliqué à travers l’expression « J'accepte de rester là », traduit, à l'en croire, l’attachement profond des ancêtres à ce territoire où ils ont construit leur histoire et développé leurs traditions.**media[290652]**De Monogaga à Podio, Popoko, Kablaké, Mapri, Kounouko et les autres villages frères, les Wané partagent un même héritage culturel. Une communauté que les distances géographiques ne sauraient diviser, car elle demeure liée par la langue, l’histoire et les traditions.C’est précisément cette mémoire collective que le festival Kékako entend contribuer à sauvegarder. Dans un contexte marqué par la mondialisation et les mutations sociales, la commissaire générale a relevé plusieurs défis auxquels le peuple Wané doit faire face : préservation de l’identité culturelle, protection du patrimoine foncier, éducation de la jeunesse, promotion de la femme, emploi des jeunes, sauvegarde de l’environnement et renforcement de la cohésion entre les villages.**media[290655]**À travers Kékako, les organisateurs veulent faire de la culture un levier de transmission entre les générations. Danses, chants, gastronomie, artisanat, rites, langue et histoire constituent autant d’éléments d’un patrimoine qui, pour être préservé, doit être connu et surtout transmis aux jeunes.« Un peuple autochtone ne peut se faire connaître que s’il est fier de son identité et s’il la valorise », a fait valoir Gnadji Marina, appelant à multiplier les initiatives de documentation et de promotion du patrimoine Wané.De l'avis de la commissaire générale, cette valorisation ne saurait cependant reposer uniquement sur les manifestations culturelles. Elle doit également s’appuyer sur la recherche, les universités, les médias, les réseaux sociaux, les institutions et les acteurs du tourisme. Pour elle, c'est la démarche qui permettrait à la culture Wané de sortir du seul cadre communautaire pour mieux se faire connaître et contribuer à l’attractivité touristique de la région de San Pedro.De la préservation culturelle à la construction de l’avenirUne conférence inaugurale, consacrée au thème « Cohésion et union Wané : notre langue, notre terre, notre avenir », a prolongé cette réflexion en mettant l’accent sur la nécessité de transformer la prise de conscience en actions concrètes.Animée par un enseignant de l’Université polytechnique de San Pedro (Upsp), elle a notamment insisté sur l’importance du dialogue entre les différentes composantes de la communauté Wané. L’enjeu étant de créer un espace permanent permettant aux chefs coutumiers, cadres, jeunes et femmes de réfléchir ensemble aux questions qui engagent l’avenir collectif.**media[290653]**En conclusion de son intervention, l’enseignant a ainsi proposé la mise en place d’un cadre de concertation intervillageois. Il a invité les chefs coutumiers, les cadres, les représentants de la jeunesse et les représentantes des femmes présents à se retrouver dans les prochaines semaines afin de poser les bases de cette structure.L’objectif, a-t-il proposé, n’est pas de créer immédiatement un dispositif lourd, mais de commencer par une rencontre simple susceptible de définir ensemble son fonctionnement. Parmi les pistes qu'il a évoquées figurent notamment un collège consultatif, le parrainage, des sessions d’écoute des jeunes et la reconnaissance du rôle des femmes comme détentrices et formatrices des savoirs.SOURCE : SERCOM
14.8.2026. 07:20:00