Country: Central African Republic
Source: Famine Early Warning System Network
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Messages clé
- Dans les préfectures du nord-est, sud-est et nord-ouest (Vakaga, Haute-Kotto, Haut-Mbomou, Ouham, Ouham-Pendé, Lim-Pendé et Nana‑Mambéré), les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) persisteront jusqu'en septembre en raison des conflits en cours, qui continuent de restreindre l’accès alimentaire. Les ménages déplacés et ceux affectés par l’insécurité épuisent plus rapidement leurs ressources et sont en besoin de l’assistance humanitaire. Dans les zones moins affectées par le conflit du centre et du sud, les ménages pauvres sont en Stress (Phase 2 de l’IPC), mais l’érosion progressive des ressources et l’augmentation de la dépendance aux marchés avec une hausse des prix au‑dessus des moyennes saisonnières entraîneront une dégradation aux résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) plus généralisé à partir d’avril.
- En mars, les ménages pauvres des zones du nord disposent encore de stocks alimentaires post‑récoltes limitées, mais l’insécurité persistante et les déplacements continuent de restreindre l’accès aux champs, aux marchés et aux opportunités de revenus. Les ménages s’appuient de plus en plus sur les marchés locaux, complétés par des activités saisonnières, telles que la chasse et la cueillette lorsque l’accès est possible. À l’approche de la période de soudure attendue à partir de juin au nord, l’érosion progressive des moyens d’existence à cause de l’insécurité devrait accroître les contraintes d’accès alimentaire, en particulier dans les zones les plus affectées par le conflit. Dans les régions du centre et du sud, l'arrivée de la saison des pluies en mars-avril devrait intervenir à temps, avec des précipitations globalement moyennes jusqu'en mai, favorisant l'installation normale du maïs et d'autres cultures vivrières.
- La persistance des conflits et des chocs localisés entraîne de nouveaux déplacements et accentue les besoins humanitaires, en particulier pour les 428 000 personnes déplacées internes (PDI). Dans le nord‑ouest, l'insécurité persistante a provoqué des déplacements de population en mars. Parallèlement, les incendies et feux de brousse viennent aggraver une situation humanitaire déjà critique. Des incendies ont détruit plus de 200 abris, y compris sur un site de PDI, laissant plus de 800 personnes sans logement après la perte de biens essentiels et de stocks alimentaires. Dans le nord‑est, des attaques armées ont entraîné de nouveaux déplacements, tandis qu’à Haut‑Mbomou, feux de brousse et intempéries ont affecté plusieurs villages. Ces chocs localisés limitent l’accès à la nourriture et aux marchés et accroissent les besoins d’assistance humanitaire.
- Malgré une amélioration saisonnière de la disponibilité de certaines céréales locales, les prix des produits importés restent élevés et continuent de limiter l’accès alimentaire des ménages pauvres, en particulier en milieu urbain et parmi les populations déplacées. Selon le FAO/GIEWS Country Brief, les prix du maïs local ont diminué d’environ 20 pour cent entre décembre 2024 et décembre 2025, tandis que ceux du riz importé se situaient environ 10 pour cent au‑dessus de leurs niveaux de l’année précédente, en lien notamment avec la baisse des importations via les corridors fluviaux depuis la République démocratique du Congo et la République du Congo.
- Les perturbations liées au conflit au Moyen‑Orient continuent d’exercer des pressions haussières sur les cours mondiaux du pétrole et les coûts du fret, contribuant à l’augmentation attendue des prix du carburant et des produits alimentaires importés à court et moyen terme. En République centrafricaine, pays enclavé dépendant des importations via le corridor Douala‑Bangui, en particulier pour son approvisionnement en carburant, ces hausses de coûts de transport se transmettent rapidement aux marchés intérieurs. Bien que les prix des carburants demeurent administrés par le gouvernement, ils figurent parmi les plus élevés de la région et pèsent sur les coûts de transport. Toute augmentation des prix/coûts devrait se refléter aux prix des denrées alimentaires importées—le riz, la farine de blé, l’huile végétale et le sucre— qui constituent une part importante de la consommation nationale. Également, ces hausses renchérissent le transport intérieur, en particulier sur les axes reliant les bassins de production aux principaux marchés urbains. Ces dynamiques de coûts devraient continuer d'entretenir la cherté des produits alimentaires et d’éroder le pouvoir d’achat des ménages dépendants des marchés, en particulier les ménages urbains pauvres et les populations déplacées.